Quatre scientifiques du CEISAM sont allés à la rencontre des enfants hospitalisés du CHU de Nantes, dans le cadre d’une initiative organisée conjointement par la Mission Culture Scientifique et Technique de Nantes Université, et l’Ecole à l’hôpital (Rectorat de l’Académie de Nantes), les 1er et 5 juin derniers.
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Ewen Bodio et Mathieu Scalabrini ont proposé aux enfants un atelier intitulé « Voir l’invisible : quand les enfants deviennent des super-chirurgiens ! ». Comment révéler ce qui est invisible à l’œil nu ? C’est la question qu’ils ont explorée avec de petits groupes d’enfants de l’hôpital lors d’un atelier consacré à la fluorescence.
L’aventure a commencé par quelques expériences dignes d’agents secrets : écriture de messages invisibles révélés grâce à une lampe ultraviolette, ou encore défi consistant à distinguer un verre d’eau d’un verre de tonic grâce à la belle lumière bleutée émise par ce dernier sous UV. Une première découverte surprenante : certaines molécules peuvent absorber une lumière invisible et la réémettre sous une forme visible !
Les jeunes scientifiques sont ensuite passés aux applications concrètes de la fluorescence. Ils ont découvert comment cette propriété permet de vérifier l’efficacité du nettoyage d’une chambre, mais aussi comment elle est utilisée pour lutter contre la fraude et authentifier des documents officiels.
Le moment fort de l’atelier est arrivé lorsque les enfants se sont glissés dans la peau de chirurgiens. Grâce à une expérience inspirée de la chirurgie assistée par fluorescence, ils ont compris comment des molécules fluorescentes peuvent aider les médecins à visualiser des tissus malades et à guider leurs gestes avec une précision accrue.
C’est avec des yeux brillants – fluorescents, peut-être ? – que les participants ont poursuivi leur journée vers d’autres découvertes, entre réalité virtuelle et réflexion philosophique. Une belle occasion de montrer que la science permet non seulement de comprendre le monde, mais aussi de révéler tout ce qui échappe à notre regard.
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Yann Pellegrin et Marine Letertre ont quant à eux échangé avec plusieurs enfants autour de leurs thématiques de recherche, sous forme de « science dating ».
Dans les chambres du CHU, une discussion sur la pollution des fleuves et des sols a rapidement suscité l’attention des enfants, qui ont proposé des solutions pour y remédier. La première idée est de rajouter un produit chimique dans l’eau qui « soignerait » cette dernière, mais très vite on s’est rendu compte que rajouter un produit chimique dans une eau déjà polluée risquerait de mener à une surpollution. A moins que ce produit ne soit insoluble dans l’eau, comme du sable ? Ce serait alors facile de le retirer de l’eau par filtration. Et si en plus ce sable est sensible à la lumière du soleil, et qu’il est capable d’utiliser l’énergie contenue dans le rayonnement lumineux pour provoquer la destruction des polluants, on a alors finalement trouvé une solution renouvelable pour purifier l’eau. Toute cette réflexion s’est concrétisée lorsque les enfants ont pu prendre dans leurs mains un pilulier contenant un échantillon de ce sable photosensible, préparé au laboratoire, capable de dépolluer sous l’action de la lumière. Nous avons mené ensemble cette réflexion avec les enfants, leurs parents, et les enseignants dévoués du CHU qui nous ont accompagnés lors de cette belle après-midi de médiation scientifique.
Les enfants ont également échangé avec Marine Letertre sur les thèmes de la Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) et de la métabolomique. Evidemment, les enfants ont d’abord été impressionnés (voir effrayés) devant l’utilisation de ces ‘gros mots’. Mais après avoir effectué une analogie avec les statistiques effectuées sur les performances de deux équipes de foot pour les comparer, qui a suscité un grand intérêt chez beaucoup d’entre eux, ils ont compris que la métabolomique reposait sur le même principe, et avait pour but de discriminer le métabolisme de deux groupes d’échantillons à l’aide de statistiques. Les analogies sportives ne se sont pas arrêtées là. En comparant la pêche à la ligne à la pêche au filet, ils ont su différencier les approches de métabolomique ciblée et non-ciblée. Enfin, ils ont appréhendé les grands principes de la RMN, l’outil de chimie analytique qui nous permets d’effectuer des études de métabolomique au laboratoire. Ils ont alors imaginé que les noyaux des atomes qui composent la matière dansent de manière anarchique dans leurs état naturels, et que l’application d’un champ magnétique envoyé par un immense aimant permet à ces noyaux d’effectuer une chorégraphie bien coordonnée. Ces échanges ont permis aux enfants et à leurs parents de s’approprier ce sujet de recherche complexe, et se sont montrés curieux en posant plusieurs questions donnant lieu à des discussions riches et très enrichissantes ».
